lundi 25 août 2014

Et dire que je ne pensais pas voler...

En effet, le WE du 23/24 aout, je devais aller à la competition des sites ardennais.
Je surveillais donc la meteo depuis mardi, mais les previsions n'etaient pas au top.
L'organisation a finalement confirmé cette info en proposant de ne faire que la manche de dimanche sur le site de Fumay.
Fumay-Paris, c'est 3h de route, pour une seule journée cela fait 6h A/R, ca fait beaucoup pour une seule journée, j'hesite à annuler. 



Sceptique, je maintiens mon inscription, mais samedi dans la journée, les bulletins meteo annoncent un risque de voile en altitude, qui risque de bacher tout ca avant meme d'avoir commencer la manche. Apres consultation d'autres parisiens qui devaient y aller, je decide de ne pas faire 6h de route pour faire un plouf à Fumay.

Je me rabats donc vers un plan de secours, au treuil.

En effet le WE du 30/31 c'est le report de la competition sud-aisnes, organisée par plaine air altitude, du coté de ChateauThierry, et comme c'est plutot plat, ca se fera au treuil.
Seulement mon pote Thibaut est un "montagnard", certes il a deja volé sur nos petits sites de plaines, mais il n'a jamais fait de treuil, et pour eviter le stress de la decouverte du treuil le meme jour que la competition, j'avais prevu, en cas d'annulation des ardennes, d'aller au treuil pour lui faire decouvrir.

La meteo est annoncée plutot bonne, meme si le vent est faible, les plafs devraient etre interessants.
Nous arrivons vers 12h, des voiles sont deja en l'air, ca a l'air de monter. Nous saluons l'equipe qui gere le treuil, nous allons au decollage. JeanBaptiste et Thibaut sont motivés, ils observent se renseignent.
J'apprend que des pilotes sont posés pas trop loin, y a encore pas grand monde sur la base de treuil, je me propose d'aller les chercher.
Pendant que je roule JB et Thibaut se sont preparés et quand je reviens ils font des gonflages.
Georges Troislouche, president de Plaine Air Altitude, leur explique comment fonctionne le treuil, quelles sont les procedures, etc.
De mon coté donc, je ne suis pas vraiment à fond, le sac est encore fermé, je regarde les uns, les autres decoller, tourner un peu, se poser.
Apres avoir fait decoller Thibaut et JeanBaptiste, il reste une ligne de treuil, Georges me dit qu'il faut y aller maintenant, car sinon il decolle.
Comme il insiste je finis par preparer mon materiel,et m'accrocher au treuil.
Guy et Thibaut sont en train de revenir vers le terrain, JB semble posé pas trop loin.
Je me dis que cela fera une bonne remise en jambe, je n'ai pas fait de treuil depuis le debut de l'année.


Le vent est dans l'axe, la voile monte, elle est belle, decollage...
Le treuillage est doux mais efficace, je garde le cap, et pendant la montée j’observe les nuages autour du terrain. Y en a un qui me semble interessant, sur la droite, mais ca semble un peu loin mais si j’arrive à faire un peu de gaz avant, je tenterais.
On decolle à 166m d’altitude, je suis largué vers 600m/gps. 440m/sol c’est pas enorme, mais en revenant le long de la piste, je trouve l’ascendance, et je monte à presque 800m/gps.

Je decide donc d’aller voir le nuage repéré un peu plus tot, ca redescend à 600m, mince, ce serait bete de poser maintenant.



Une bullette, je la tiens, et ca monte, finalement un peu trop meme, obligé de faire les oreilles, non pas que je sois sous le nuage, il est encore loin, mais parce que j’approche de la TMA Paris4, qui nous limite ici à 1067m.

Bref, je quitte le nuage en faisant les oreilles, en me dirigeant vers le nuage suivant. Et de nouveau 621m, bigre, ca va etre dur, mais je me souviens que Laurent que j’avais recupéré plus tot etait passé par là et avait tenté la carriere, ca ne le faisait pas, je decide d’aller un peu plus loin, et je trouve une bulle, je coince encore la bulle, et je me laisse deriver, je retrouve le thermique qui me monte au nuage (enfin sous la TMA quoi), et me voici au debut de la rue de nuages.

De nouveau les oreilles, 1017m, je sors de l’ascendance du nuage, direction le nuage d’apres.
Je suis au dessus de Billy-sur-ourcq.

Ensuite j’enchaine les nuages, en faisant attention aux TMA :
TMA Paris4 à 1067m sur les 15 premiers kilometres,
puis la TMA Paris 5 à 1367m sur encore 15km
et finalement la TMA Paris 7 à 1981m, mais c’est plus facile, les nuages sont vers 1700/1800m

C’est presque facile.
Quand je sors de dessous la TMA5, j’ai donc deja fait 30km, et je suis au plaf, la rue de nuage est là, je continue.


A 60km, je survoles Reims, mais ca je ne le sais pas encore car je n’ai que mon gps de parapente et pas mon gps routier.
En traversant la ville, je ne fait que descendre, et je passe de 1800m à 900m deja content d’avoir fait 60km.



Seulement je ne suis pas fatigué, je decide de tenter le nuage qui se trouve apres Reims, je cherche donc l’ascendance, et me souviens d’un bouquin qui parle de chercher l’ascendance au vent du nuage, mais aussi du coté du soleil, je bifurque donc un peu plus vers le sud, et…
Je confirme que la theorie du livre fonctionne, si si...

Je trouve une ascendance, je la travaille car le voile commence à mettre un peu tout à l’ombre. Je fais un gain de presque 1000m en 7 minutes, presque facilement et je termine à 1877m, sous le nuage. 



Il ne me reste plus qu'à avancer. 
Ca descend entre les nuages, çà remonte en arrivant au nuage d'apres. Mais l’ombre continue de me rattraper, mon GPS m’indique 90km du point de depart, je me dis que le 100km n’est pas loin, qu’il me faut encore un ou deux nuages.
Helas le prochain nuage que je visais se degonfle avant que j’arrive au plaf, et je suis donc à 1600m dans du bleu, et ca descend quand j’avance vers le prochain nuage…
Il me faudrait m’orienter un peu au sud, mais la zone P30 me gene. Je me laisse alors glisser en esperant reprendre au nuage d’apres…
Cela me sera fatal, je tente de m’accrocher encore à une ou deux bullettes mais ce n’est pas suffisant pour remonter au plaf.
Je finis par poser à saint-pierre-à-arnes, apres 2h45 de vol.

Pour la recup, ce sera presque aussi facile que le vol :

  • Une voiture m’a rejoins dans le champs ou j’ai posé, c’est un pilote ULM qui me croyais en perdition, quand je lui dit que j’ai fait plus de 90km par les airs, il propose de me ramener un peu plus loin sur ma route, dans un gros village sur la route principale, il me depose à Pontfaverger-Moronvilliers. De là, j’appelle Thibaut et JeanBaptise, ils ont l’air « ravis » de venir me chercher à plus de 100km par la route du deco. Je me ravitaille à la boulangerie de Moronvilliers, je me place au bord de la route, direction Reims, et je leve le pouce.
  • 3 ou 4 voitures passent, la 5e s’arrete, un couple de retraité abonnés à blablacar, qui retournent sur Reims et acceptent de m’emmener. Je rappelle Thibaut et JeanBaptiste pour leur dire que j’avance sur Reims
  • Tout juste déposé à Reims, au rond point du stade, au bord de l'autoroute urbaine, que Thibaut et JeanBaptiste arrivent, la recup parfaite, hop, direction Paris.

Finalement, heureusement que je n'etais pas venu pour voler ;)

Je finis quand meme avec :

  • ma meilleure distance depuis 10 ans que je vole (95km)
  • probablement ma meilleure vitesse moyenne (35kmh)
  • la meilleure distance francaise de la journée à la CFD
  • la troisieme place de la journée en terme de point CFD

La trace GPS/CFD :

Une petite video de tout ca :


Je tiens à remercier les personnes sans qui tout cela n'aurait pas été possible :

  • ma maman, evidemment sans qui je ne serais pas là
  • tous ceux qui me supportent chaque année lors de mes stages (Benoit, Alain, Viviane)
  • les potes d'echosdenhaut qui m'ont fait decouvrir le parapente, et qui eux aussi doivent me supporter pendant le stage d'été
  • toute l'equipe de Plaine Air Altitude pour leur bonne humeur et leur experience au treuil
  • Thibaut et JeanBaptiste qui sont venus jusqu'a Reims pour me recuperer
  • les anonymes qui m'ont permis de revenir sur Reims alors que j'etais au bord de la route.


Mon projet DEJEPS 2019-2020

Bonjour cher lecteur,  Cela fait un long moment que je ne t'ai rien écrit. C'est normal, il y a eu pas mal de changement dans...